On dit souvent, "quand un seul être vous manque tout est dépeuplé". Mais celui qui a inventé cette stupide frase sait-il vraiment ce que signifie le verbe "dépeupler" ? Connait-il ce mal au bide qui compresse les tripes jusqu'à en avoir envie de pleurer ? Connait-il cette envie de fermer les yeux et de ne plus se réveiller ? Connait-il ce sentiment d'avoir tout perdu, de s'être perdu ? Je n'en suis pas sûre...
Assise au milieu de la chambre, je cherche de mes yeux cette petite lumière qui me permettra de tout oublier. Cette lumière qui me permettra de ne plus exister. Je la cherche mais elle reste introuvable. Ou alors je ne suis pas encore prête, elle n'est peut-être pas encore à ma portée. Alors j'attends. Et cette attente me tue. Elle me tue un peu plus à chaque instant. C'est comme une douleur incurable, comme un poignard qu'on enfonce dans le dos, qu'on enfonce dans le but de tuer. Cette douleur me tue...
Alors pour l'oublier rien qu'un instant, je porte une cigarette à mes lèvres. Je fume une bouchée, puis deux, puis trois. Jusqu'au filtre. Cela n'est pas la première fois. Ma chambre est souillée de ces mégots que je jette les uns après les autres avec un intervale si régulier. Cela en devient si régulier que ma gorge me brule. Mes cordes vocales sont en feu. Je ne peux plus parler, je ne peux plus rire, je m'enferme dans ce mutisme infernal. De toute manière, c'est mieux ainsi. Rire m'est devenue trop difficile. Parler ne me sert à plus rien. Je ne suis bonne qu'à une chose, le silence. Toujours le silence...
J'ai bien essayé d'autres solutions, mais elles furent plus inefficaces les unes que les autres. J'ai essayé d'évacuer la douleur par le sang, mais cela n'a rien changé. Et aujourd'hui les marques qui l'en restent, me font regretter, tellement regretter. Mais elle ne m'empêcheront pas de recommencer. Je ne sais pas quand, je ne sais pas où, je ne sais pas comment, mais cela peut redémarrer. Ce cercle vicieux qui m'a emprisonné, ne me laissera jamais m'en échapper. C'est un cercle infernal mais à la fois si formidable... Si formidable que j'en deviens folle. Folle au plus au point. Mais cette folie me fait du bien, ça oui. Elle m'aide à oublier, à l'oublier...
En effet, il a toujours une conséquence à nos problèmes. Cette fois, celle qui me tourment, qui m'oppresse et qui m'écrase, elle s'appelle l' Amitié. L'amitié... Quel beau mot, quel beau sentiment et quelle belle souffrance. L'amitié rend plus fort. Mais l'amitié rend également plus faible. L'amitié c'est une drogue. A quoi bon goûter à la coke, à l'exta, à la LSD et au shit quand on possède l'amitié ? Cela ne servira à rien. L'amitié est la plus belle drogue au monde. Elle nous transporte, nous berce au son de sa voix. Cette voix qui trotte dans nos tête et qui pousse notre coeur à succomber. Que c'est paisible l'amitié...
Pourtant, moi c'est l'amitié qui m'a détruite. Son amitié. Mais je ne la citerais point, cela abimera davantage mon coeur. L'amitié est une foutaise, pourtant j'aime l'amitié. Tellement que j'en consomme tous les jours... On trouve tous le bonheur dans la souffrance, croyez-moi...
Assise là au beau milieu de ma chambre, j'aperçois enfin cette lumière, elle est si belle. Bientot je la rejoindrais, ça je le promait....
Je veux MOURIR pour RENAITRE...